La qualité de l’air intérieur est aujourd’hui reconnue comme un enjeu de santé publique majeur. Les Français passent en moyenne plus de 80 % de leur temps dans des espaces clos, où l’air peut être bien plus pollué qu’à l’extérieur. Formaldéhyde, benzène, composés organiques volatils (COV), dioxyde de carbone (CO₂) ou encore radon : les sources de pollution intérieure sont nombreuses et souvent invisibles. Dans ce contexte, le diagnostic qualité de l’air intérieur permet d’identifier et de quantifier ces polluants afin de mieux les maîtriser.

Face à ce constat, la réglementation française a considérablement évolué ces dernières années, notamment pour les établissements recevant du public. Mais qu’en est-il des logements ? Cet article fait le point sur les obligations actuelles, les pratiques de mesure et les perspectives à venir en matière de diagnostic qualité de l’air intérieur.

Diagnostic qualité de l’air intérieur | Guide 2026

Temps de lecture : ~9 min

  1. Pourquoi la qualité de l’air intérieur est-elle un sujet de santé publique ?
  2. Diagnostic qualité de l’air intérieur : ce que dit la réglementation en 2025-2026
  3. Comment se déroule concrètement un diagnostic QAI dans un bâtiment ?
  4. Autodiagnostic QAI et campagne de mesures officielles : quelle différence ?
  5. Rénovation énergétique et qualité de l’air intérieur : un lien à ne pas négliger
  6. Comment choisir un prestataire accrédité pour un diagnostic QAI ?
  7. Diagnostic qualité de l’air intérieur : vers une extension aux logements ?
  8. FAQ — Questions fréquentes sur le diagnostic qualité de l’air intérieur

Pourquoi la qualité de l’air intérieur est-elle un sujet de santé publique ?

Le syndrome du bâtiment malsain, les allergies chroniques, les irritations des voies respiratoires ou encore les maux de tête inexpliqués sont souvent liés à une mauvaise qualité de l’air dans les espaces de vie et de travail. Ce constat s’explique en partie par le temps que nous passons en intérieur : selon le Ministère de la Transition écologique, les Français y consacrent plus de 80 % de leur temps. Les sources de pollution intérieure sont multiples : matériaux de construction émissifs, colles, peintures, produits d’entretien, mobilier en panneaux de particules, mais aussi les activités humaines elles-mêmes qui génèrent du CO₂ et des particules fines.

Les principaux polluants de l’air intérieur

Le formaldéhyde est l’un des polluants les plus répandus dans les logements. Il est émis par de nombreux matériaux courants et classé cancérogène de groupe 1 par le Centre international de recherche sur le cancer. Le benzène, lui, provient notamment de la fumée de tabac, de certains produits de nettoyage et de matériaux de revêtement. Ces deux composés font l’objet de valeurs-guides réglementaires pour l’air intérieur : 30 µg/m³ pour le formaldéhyde et 2 µg/m³ pour le benzène dans les établissements soumis à surveillance obligatoire, conformément aux dispositions du Code de l’environnement (articles R.221-29 à R.221-37).

Le CO₂, indicateur du confinement de l’air

Le dioxyde de carbone (CO₂) est quant à lui un indicateur indirect du confinement de l’air. Un taux élevé de CO₂ signale un renouvellement d’air insuffisant, ce qui favorise la concentration de l’ensemble des polluants présents. C’est pourquoi la mesure du CO₂ avec un capteur à lecture directe est devenue un outil central dans l’évaluation de la qualité de l’air intérieur.

Diagnostic qualité de l’air intérieur : ce que dit la réglementation en 2025-2026

La réglementation française distingue clairement deux situations : les établissements recevant du public (ERP) d’un côté, et les logements privés de l’autre.

diagnostic qualité de l'air intérieur

Réglementation QAI dans les ERP

Pour les ERP, les décrets n° 2022-1689 et 2022-1690 du 27 décembre 2022 ont profondément réformé le dispositif existant. Ces textes, codifiés dans le Code de l’environnement, remplacent l’ancienne obligation de campagne de mesures tous les sept ans par un système à trois niveaux, applicable depuis le 1er janvier 2023 pour les crèches, écoles et accueils de loisirs, et depuis le 1er janvier 2025 pour les établissements de santé et médico-sociaux.

Ce dispositif à trois niveaux fonctionne ainsi : une évaluation annuelle des moyens d’aération du bâtiment, un autodiagnostic de la qualité de l’air intérieur réalisé au minimum tous les quatre ans par le gestionnaire de l’établissement, et des campagnes de mesures des polluants réglementés à des étapes clés de la vie du bâtiment (travaux lourds, changement d’usage, etc.). Ces campagnes doivent être réalisées par un organisme accrédité Cofrac, ce qui garantit la fiabilité et l’indépendance des résultats.

Surveillance QAI dans les logements privés

Pour les logements privés, la situation est différente. À ce jour, aucune obligation réglementaire de diagnostic qualité de l’air intérieur n’existe pour les particuliers, que ce soit à la vente ou à la location. Le diagnostic QAI dans le logement reste une démarche volontaire. Plusieurs situations rendent toutefois cette démarche particulièrement pertinente :

  • Après des travaux de rénovation énergétique renforçant l’étanchéité à l’air.
  • En cas de symptômes inexpliqués chez les occupants.
  • Lors de la présence de matériaux anciens potentiellement émissifs.
Le radon, gaz radioactif naturel issu de la désintégration de l’uranium dans les sols, est également pris en compte dans la politique publique de qualité de l’air intérieur. Certaines zones géographiques en France présentent des concentrations naturellement plus élevées. Sa surveillance relève d’un cadre réglementaire spécifique, distinct du dispositif QAI général.

Comment se déroule concrètement un diagnostic QAI dans un bâtiment ?

Un diagnostic de la qualité de l’air intérieur ne se résume pas à un simple prélèvement d’air. Il s’agit d’une démarche structurée qui combine plusieurs approches complémentaires.

Analyse des systèmes de ventilation et d’aération

La première étape consiste en une analyse des systèmes de ventilation et d’aération. Le diagnostiqueur vérifie le bon fonctionnement des ouvrants donnant sur l’extérieur, l’état des bouches et grilles d’aération, l’absence d’obstruction et le bon fonctionnement de la ventilation mécanique contrôlée (VMC) si le bâtiment en est équipé. Cette vérification permet d’évaluer la capacité du bâtiment à renouveler l’air de manière efficace.

Mesure du CO₂ et niveau de confinement

La deuxième étape porte sur la mesure du CO₂ à l’aide d’un capteur à lecture directe. Cette mesure, réalisée pendant et après les périodes d’occupation, permet d’apprécier le niveau de confinement de l’air et l’efficacité réelle du renouvellement d’air dans les espaces concernés.

Campagnes de mesures des polluants

Lorsqu’une campagne de mesures de polluants est requise, notamment dans les ERP à certaines étapes clés, des dispositifs de prélèvement sont installés dans les locaux pendant plusieurs heures, puis envoyés en analyse dans un laboratoire accrédité. Ces mesures portent principalement sur le formaldéhyde, le benzène et les autres COV présents dans l’air. Les résultats sont ensuite comparés aux valeurs-guides réglementaires.

Rapport et plan d’actions QAI

Enfin, le diagnostic débouche sur un rapport et, dans le cadre réglementaire des ERP, sur un plan d’actions QAI adapté aux résultats obtenus. Ce plan peut inclure des recommandations d’entretien des systèmes de ventilation, de limitation des sources de pollution intérieure ou de travaux de mise en conformité.

Le tableau ci-dessous synthétise les trois niveaux du dispositif réglementaire applicable aux ERP :

Les trois niveaux du dispositif réglementaire QAI applicable aux ERP
Niveau du dispositifFréquenceQui le réalise ?Contenu principal
Évaluation annuelle des moyens d’aérationChaque annéeGestionnaire de l’établissementVérification des ouvrants, grilles, VMC et mesure du CO₂
Autodiagnostic QAITous les 4 ans minimumGestionnaire, via une grille d’évaluationRecensement des sources de pollution, occupation, entretien des systèmes
Campagne de mesures des polluantsÀ des étapes clés (travaux lourds, changement d’usage…)Organisme accrédité CofracPrélèvements et analyse en laboratoire (formaldéhyde, benzène, COV)

Autodiagnostic QAI et campagne de mesures officielles : quelle différence ?

L’autodiagnostic QAI est une démarche interne, réalisée par le gestionnaire d’un établissement à l’aide d’une grille d’évaluation. Il permet de recenser les sources potentielles de pollution (matériaux, produits d’entretien, mobilier), d’évaluer les conditions d’aération et d’occupation, et d’identifier les points de vigilance. C’est un outil de pilotage et de prévention, mais il ne produit pas de données analytiques sur la concentration réelle des polluants dans l’air.

La campagne de mesures officielles, en revanche, implique l’intervention d’un organisme accrédité Cofrac. Elle produit des données quantitatives précises sur les concentrations de formaldéhyde, benzène et autres polluants, directement comparables aux valeurs-guides réglementaires. C’est ce niveau de mesure qui est exigé lors des étapes clés de la vie d’un bâtiment soumis à la réglementation ERP.

Pour les particuliers qui souhaitent évaluer la qualité de l’air de leur logement de manière autonome, des outils numériques d’autodiagnostic existent, comme la plateforme Diag’QAI, qui guide les utilisateurs à travers un questionnaire structuré et formule des recommandations adaptées. Cette approche ne remplace pas une campagne de mesures professionnelle, mais elle constitue un premier niveau d’évaluation accessible.

Rénovation énergétique et qualité de l’air intérieur : un lien à ne pas négliger

La rénovation énergétique et la qualité de l’air intérieur sont deux enjeux étroitement liés, parfois perçus comme contradictoires. En améliorant l’étanchéité à l’air d’un bâtiment pour réduire les déperditions thermiques, on limite mécaniquement les échanges naturels avec l’extérieur. Si le système de ventilation n’est pas adapté ou correctement entretenu, les polluants intérieurs se concentrent davantage.

diagnostic qualité de l'air intérieur

C’est pourquoi le diagnostic de performance énergétique (DPE) et la qualité de l’air intérieur doivent être pensés ensemble, notamment dans le cadre d’une rénovation globale. Un logement bien isolé mais mal ventilé peut présenter des concentrations élevées en COV, en humidité et en CO₂, avec des effets directs sur la santé des occupants. Les guides du Cerema et du CSTB insistent sur l’importance d’intégrer la surveillance de la QAI dans toute démarche de rénovation énergétique ambitieuse.

Chez AUDITAG, nous accompagnons les propriétaires et les professionnels de l’immobilier dans une approche globale qui articule performance énergétique et qualité de l’air. Notre expertise en diagnostic de performance énergétique et en audit énergétique nous permet d’identifier les interactions entre étanchéité, ventilation et qualité de l’air, pour proposer des recommandations cohérentes et adaptées à chaque situation.

Après des travaux de rénovation énergétique renforçant l’étanchéité à l’air d’un logement, il est vivement recommandé de vérifier le bon fonctionnement de la VMC et, si des matériaux neufs ont été posés, d’envisager une mesure de la qualité de l’air intérieur pour s’assurer de l’absence de concentrations excessives en formaldéhyde ou en COV.

Comment choisir un prestataire accrédité pour un diagnostic QAI ?

Le choix d’un prestataire pour réaliser un diagnostic qualité de l’air intérieur repose sur plusieurs critères essentiels. Le premier, et le plus déterminant, est l’accréditation Cofrac (Comité français d’accréditation). Cette accréditation garantit que le laboratoire ou le bureau d’études respecte des exigences strictes en matière de méthodes de prélèvement, d’analyse et de reporting. Pour les ERP soumis à obligation réglementaire, seul un organisme accrédité Cofrac peut réaliser les campagnes de mesures des polluants réglementés.

Au-delà de l’accréditation, plusieurs autres critères méritent d’être vérifiés :

  • Une expérience documentée dans le type de bâtiment concerné (logement, école, bureaux, établissement de santé).
  • La capacité à produire un rapport clair et exploitable.
  • Un plan d’actions adapté aux résultats obtenus.

Pour les propriétaires de logements qui souhaitent réaliser une mesure de la qualité de l’air intérieur de manière volontaire, il est également utile de se rapprocher d’un diagnostiqueur immobilier qui intègre la QAI dans une démarche globale, aux côtés des autres diagnostics obligatoires. AUDITAG intervient sur l’ensemble de la Normandie pour accompagner propriétaires, agences immobilières et syndics dans leurs obligations diagnostiques. Vous pouvez consulter notre page dédiée au diagnostic qualité de l’air intérieur pour en savoir plus sur nos prestations.

Pour les diagnostics immobiliers classiques (DPE, amiante, plomb, électricité, gaz), retrouvez l’ensemble de nos interventions sur notre page diagnostics immobiliers.

Diagnostic qualité de l’air intérieur : vers une extension aux logements ?

La qualité de l’air intérieur est un sujet en pleine structuration réglementaire. Aujourd’hui obligatoire dans les ERP depuis les décrets de décembre 2022, la surveillance QAI reste encore volontaire pour les logements privés. Mais les signaux sont clairs : la prise de conscience sanitaire progresse, les outils de mesure se démocratisent et les liens entre rénovation énergétique et QAI sont de mieux en mieux documentés par des organismes comme le Cerema, le CSTB ou Santé publique France.

diagnostic qualité de l'air intérieur

Il est raisonnable d’anticiper une extension progressive des obligations vers le secteur résidentiel dans les années à venir. Pour les propriétaires qui souhaitent prendre de l’avance, réaliser un diagnostic de la qualité de l’air intérieur de manière volontaire est une démarche de bon sens, notamment après des travaux ou en cas de doute sur la santé des occupants.

Diagnostic qualité de l’air intérieur : ce qu’il faut retenir

La surveillance de la qualité de l’air intérieur s’impose progressivement comme un enjeu central pour la santé des occupants, qu’il s’agisse d’ERP ou de logements privés. Même lorsqu’aucune obligation réglementaire ne s’applique, engager un diagnostic qualité de l’air intérieur permet de mieux connaître les sources de pollution, de vérifier l’efficacité de la ventilation et de prioriser les actions à mener.

En anticipant ces évolutions et en intégrant la QAI aux projets de rénovation énergétique, les propriétaires et gestionnaires de bâtiments sécurisent à la fois le confort, la valeur patrimoniale et la conformité future de leurs biens.

FAQ — Questions fréquentes sur le diagnostic qualité de l’air intérieur

Le diagnostic QAI est-il obligatoire pour vendre ou louer un logement en France ?

Non. À ce jour, aucune obligation réglementaire ne s’applique aux logements privés pour la qualité de l’air intérieur, ni à la vente ni à la location. Cette démarche reste volontaire pour les particuliers, contrairement aux diagnostics DPE, amiante, plomb ou électricité qui sont imposés par la loi.

Quels ERP sont concernés par la surveillance obligatoire de la qualité de l’air intérieur depuis 2025 ?

Depuis le 1er janvier 2025, les établissements de santé et les établissements médico-sociaux sont intégrés au dispositif de surveillance obligatoire, en plus des crèches, écoles et accueils de loisirs qui étaient déjà soumis à ces obligations depuis le 1er janvier 2023, conformément aux décrets n° 2022-1689 et 2022-1690.

Combien de temps dure une campagne de mesures de polluants dans un bâtiment ?

Les dispositifs de prélèvement sont généralement installés dans les locaux pendant plusieurs heures, parfois sur une journée complète, pour capturer des concentrations représentatives des conditions réelles d’occupation. L’analyse est ensuite réalisée en laboratoire, et les résultats sont communiqués dans un délai variable selon l’organisme accrédité.

Quels sont les polluants les plus fréquemment détectés dans les logements lors d’une mesure de la qualité de l’air intérieur ?

Le formaldéhyde est le polluant le plus couramment mesuré, émis par de nombreux matériaux de construction et de décoration. On retrouve également le benzène, les autres composés organiques volatils (COV), les particules fines et le dioxyde de carbone (CO₂). Dans certaines zones géographiques, le radon peut également être présent en quantités significatives.

Existe-t-il des aides financières pour réaliser un diagnostic QAI dans un logement ?

Il n’existe pas à ce jour de dispositif d’aide spécifique dédié au diagnostic de la qualité de l’air intérieur dans les logements privés. En revanche, dans le cadre d’une rénovation énergétique globale accompagnée par un Mon Accompagnateur Rénov’, des recommandations sur la ventilation et la QAI peuvent être intégrées à la démarche. AUDITAG est agréé Mon Accompagnateur Rénov’ et peut vous guider dans ce cadre.

Quelle est la différence entre un diagnostic QAI et un simple capteur de CO₂ acheté dans le commerce ?

Un capteur de CO₂ grand public permet de suivre en temps réel le niveau de confinement de l’air, ce qui est utile pour adapter les habitudes d’aération. Un diagnostic QAI réalisé par un organisme accrédité Cofrac va beaucoup plus loin : il mesure précisément les concentrations de polluants spécifiques comme le formaldéhyde et le benzène, compare les résultats aux valeurs-guides réglementaires et produit un rapport officiel avec un plan d’actions.